Le malheur du bas, Inès Bayard

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Résumé : 

Dans la vie de Marie, tout allait bien. Un mari qu’elle aime, un travail qui lui convient à Paris, une ville qu’elle apprécie pour son énergie. Un jour, tout s’écroule lorsqu’elle est violée. Au départ, elle ne sait pas comment réagir, hésite à aller porter plainte. Mais très vite, la volonté d’oublier va s’imposer à elle. Cela commence par n’en parler à personne, surtout pas à son mari, ne pas porter plainte, tout faire pour ne plus y penser. Malheureusement le destin va en décider autrement quand Marie découvre qu’elle est enceinte…

Mon avis : 

« Le malheur du bas » a fait beaucoup parler de lui lors de sa sortie pendant la rentrée littéraire, il était temps de m’en faire un avis. Pour commencer, l’intrigue débute par la fin et ça c’est quelque chose que j’adore. On sait déjà par quel drame tout cela va se terminer, pas d’échappatoire, on se demande juste comment Marie va en arriver là. Et puis on comprend sa solitude, son incapacité à parler de ce qu’il s’est passé, ce terrible repli sur soi, son dégoût d’elle même. Attention, ce livre contient des scènes particulièrement dures, je ne le mettrai pas entre toutes les mains. La seule chose à laquelle j’ai dû m’habituer, c’est ce rythme de phrases très courtes qui donne un effet saccadé à l’histoire, l’impression de se noyer avec elle. Mais on s’y habitue assez vite. Bravo à Inès Bayard qui signe un premier roman poignant, percutant dont on a du mal à décrocher et se remettre.

« Tout le monde donne son avis, laisse un petit commentaire sur sa propre expérience. Personne ne remarque son silence. Le rideau se lève. Chacun tient son rôle dans cette comédie absurde. Laurent est ivre. »

« Ils seront heureux de nouveau. On oubliera. »

« Ce bonheur factice, toxique, comparable à une affiche de propagande fasciste sur le miracle et le bonheur que procurent les instants en famille, dissimule si facilement le malheur. »

Musique écoutée pendant la lecture : Stephen Warberck-Le temps qui passe, Polisse OST

Ma note : 9/10

Le soleil des rebelles, Luca Di Fulvio



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Résumé :

Marcus n’est pas un petit garçon comme les autres, c’est un jeune prince, légèrement capricieux sur les bords, qui ne manque de rien dans le château de son père, un roi du royaume de Saxe du XV ème siècle. Il vivait dans l’innocence de sa bulle dorée jusqu’au jour où le château se fait prendre d’assaut dans un obscure coup d’état. Marcus assiste impuissant à la mort de sa famille, du personnel de maison. Il est sauvé in extremis par Eloisa qui va le prendre en charge grâce à l’aide d’Agnete, sa mère, pourtant en grande précarité. Elle va tout faire pour le protéger, le dissimuler aux meurtriers de ses parents. Pour le jeune garçon, une nouvelle vie commence sous une fausse identité afin d’échapper à la mort. Il va alors se rendre compte de la dure vie de serfs , comprendre ce qu’est la survie du peuple, de vivre au jour le jour.

Mon avis :

J’avais beaucoup entendu parler de Luca Di Fulvio, notamment pour « Le gang des rêves » qui est désormais dans ma PAL. Après une rencontre des plus sympathique au festival « Livres sur les quais » à Morges, j’ai jeté mon dévolu sur son petit dernier, « Le soleil des rebelles ». Je peux vous dire que je n’ai pas été déçue alors que ce n’est pas un registre vers lequel je ne me serai pas spontanément tourné. Ce livre est d’une incroyable fluidité à lire, les pages se tournent toutes seules. Sa grande force est l’importance des détails, tout est décrit à la perfection, sans en faire trop non plus. On est totalement immergé dans cette époque et dans la dure vie de serfs. Le jeune Marcus est un personnage très touchant, on a qu’une envie, lui tendre la main pour l’aider à accomplir sa vengeance. Le tout donne une fabuleuse histoire de vie et d’amour qui vous prend aux tripes.

« Chaque nuit, recroquevillé en silence sur sa couche de paille, il se languissait, tourmenté par cette timidité invincible, et cette peur qu’Eloisa se moque encore de lui. Et plus le temps passait, plus il lui était difficile de l’approcher, comme si la somme des jours depuis ce jour avait bâti entre eux un mur impénétrable. »

« Cette nuit-là, Mikael fit tourner entre ses doigts la bague de son père. Il se sentait un poids sur la poitrine. Fermant les yeux, il vit sa mère tomber, le poignard dans le cœur, serrant le cadavre martyrisé de son bébé. Il vit la douleur dans le regard fier de son père, qui fixait les yeux de sa femme s’éteignant peu à peu. Puis Agomar lever son épée au-dessus de son père, agenouillé mais pas vaincu. Et il crut entendre la voix cruelle d’Ojsterning ordonner l’extermination de tous les princes de Saxe. Il serra la bague de toutes ses forces, jusqu’à ce que les bords tordus lui déchirent la peau. Alors il porta la main à ses lèvres et goûta son propre sang. »

Musique écoutée pendant la lecture : Game of thrones soundtrack, Light of the seven

Ma note : 9/10

Serre moi fort, Claire Favan

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Résumé :

La famille du jeune Nick vit depuis peu dans l’angoisse que chaque parent redoute. Sa soeur a disparu depuis plusieurs jours, aucune nouvelle d’elle. Plus le temps passe, plus les chances de la retrouver s’amenuisent. Tout porte à croire qu’elle est une victime de l’origamiste, un tueur en série qui sévit dans la région. Les mois passent, ses parents sombrent dans la dépression, l’alcoolisme et Nick doit apprendre à se débrouiller, s’occuper d’eux, de lui-même. Des années plus tard, le lieutenant Adam Gibson est chargé de prendre en charge l’enquête sur la découverte d’un abominable charnier. Mais attention, remuer le passé n’est pas sans conséquences.

Mon avis :

Pour commencer, il faut savoir que « Serre moi fort » était sur ma wishlist depuis pas mal de temps. Un beau jour, je l’ai enfin trouvé en rayon et je me suis jeté dessus. J’en avais tellement entendu de bien qu’il n’a pas attendu bien longtemps dans ma Pal pour être lu. Et au final, j’ai été très décu. Mon avis est quand même nuancé. J’ai adoré la première partie avec Nick, la descente aux enfers de cette famille est très bien décrite, j’avais beaucoup de peine pour lui. Cependant, j’avais tout deviné, ce qui m’a gaché le plaisir de ma lecture. Et alors la deuxième partie m’a perdu. Le lieutenant Gibson fait son apparition et cela a été compliqué pour moi de m’attacher à ce personnage, alors qu’au contraire la famille de Nick nous prend aux tripes par son désespoir. Mais voila, encore une fois, j’ai très vite compris où l’auteure voulait en venir et je n’ai pas été surprise. Quant à cette fin, on la voit venir à des kilomètres et on referme ce livre avec un gros sentiment de frustration. Vous l’aurez compris, je n’ai pas aimé ce livre mais je vais quand même donner une deuxième chance à Claire Favan avec « Dompteurs d’ange » qui attend dans ma Pal. Affaire à suivre…

« Voilà mes projets : je vais reprendre des forces, retrouver du travail, organiser une cérémonie religieuse en mémoire de Lana et me démener jusqu’à mon dernier souffle pour découvrir la vérité. »

« Après une période de profond abattement, puis de flottement, je m’adapte par la force des choses. Je dois assurer mon avenir et cette perspective m’insuffle l’énergie suffisante pour me lever chaque matin avec entrain et me lancer à corps perdu dans mes projets personnels et professionnels. Il ne me reste que ça. »

Musique écoutée pendant la lecture : Signs, first crop circles

Ma note : 3/10

Révolte de feu, Erika Johansen

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Résumé :

Toute action a des conséquences, Kelsea apprend à ses dépens que gouverner un royaume n’est pas chose aisée. L’armée Mort commandée par la redoutable reine rouge est plus menaçante que jamais envers le royaume du Tearling. De nouvelles épreuves l’attendent et ses visions deviennent de plus en plus fréquentes.

Mon avis :

Après un premier tome exeptionnel, je me suis jeté sur la deuxième partie de la trilogie du Tearling. Quel plaisir de retrouver Kelsea, de la voir évoluer. Elle s’affirme de plus en plus, révélant ainsi sa force de caractère. J’aime toujours autant sa relation avec Lazarus, il se rend de plus en plus indispensable. Je vous laisse le plaisir de la découverte mais vous allez vite voir que ce tome mélange deux histoires, pour le coup j’ai été très surprise de la tournure des événements. Certes, des petits détails m’avaient mis la puce à l’oreille dans le premier tome mais je ne m’attendais pas à autant. Avec cette fin qui nous tient en haleine, vous n’aurez qu’une envie, faire comme moi et vous jeter sur la dernière partie de cette trilogie.

« Imaginez un monde où il n’y a ni riches ni pauvres. On n’y vit pas dans le luxe, mais chacun a de quoi se nourrir et se vêtir, chacun a le droit a une éducation et à des soins. Dieu ne contrôle rien. Les livres ne sont pas interdits. Les femmes ne sont pas considérées comme des inférieures. La couleur de votre peau, vos origines sociales, ces choses-là ne comptent pas. »

« Tyler parcourut des yeux les rayonnages qui se succédaient jusqu’au mur du fond. Des livres, par milliers. Attiré malgré lui, il avança d’un pas et tendit la mains pour en toucher. Certains étaient reliés de cuir, d’autres juste cartonnés. »

« En cet instant, Lyli y crut sans réserve. Il y avait un monde meilleur quelque part et il était proche… À portée de leurs mains. Les champs de blé, la rivière bleue, les arbres à l’infini. »

Musique écoutée pendant la lecture : House Targaryen & dragons, game of thrones soundtrack

Ma note : 9/10

Idées lecture pour décembre

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Bonsoir à tous. Ce soir, j’ai décidé de vous préparer un article un peu à part. La période des fêtes arrive, le mois de décembre est un mois que j’aime beaucoup car j’aime cette magie de Noël.

Parmi les livres que je vous propose, il y en a certains que je n’ai pas encore lus mais que j’espère lire durant ce mois :

  • Animale, la prophétie de la reine des neiges, Victor Dixen
  • Quand tu descendras du ciel, Gabriel Katz
  • N’oublie pas mon petit soulier, Gabriel Katz
  • La trilogie À la croisée des mondes, Philip Pullman (je m’étais arrêté au tome un étant plus jeune)
  • Joyeux suicide et bonne année, Sophie de Villenoisy

Parmi ceux que j’ai lus, je vous ai fais une sélection mélant plusieurs genres littéraires afin qu’il y en ait pour tous les goûts. Vous trouverez ainsi du thriller avec « Horrora borealis » de Nicolas Feuz, de la fantasy/young adult avec « Les fiancés de l’hiver » de Cristelle Dabos mais aussi de la fantasy classique avec la trilogie du Tearling d’Erika Johansen que je termine et qui se profile comme un gros coup de cœur. Si vous avez envie de romance, « Avant toi » de Jojo Moyes sera votre parfait compagnon à lire sous un plaid. Enfin, si comme moi et comme beaucoup vous êtes fan d’Harry Potter, les version illustrées de Jim Kay sont juste des petites merveilles.

En espérant vous avoir donné des idées littéraires pour ce mois de décembre, je vous souhaite une très bonne journée.

Et vous, quelles lectures vous accompagneront ce mois de fêtes?

 

Bilan du mois de novembre

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Bilan du mois de novembre : 

Ce mois a été globalement rempli de bonnes lectures. J’ai enfin découvert la plume de Luca Di Fulvio avec « Le soleil des rebelles » que j’ai adoré, mon article sortira bientôt par ailleurs. Le dernier de Maxime Chattam, « Le signal », a surpassé mes attentes, je me suis régalé à le revoir dans un style plus fantastique. J’ai également eu le sourire grâce à Aurélie Valognes et son fameux « Mémé dans les orties », mais aussi le coeur retrouné par « Le malheur du bas » d’Ines Bayard qui signe un premier roman époustouflant (ma chronique est prête et sortira prochainement). La fantasy a rempli ce mois avec les deux derniers tomes de la trilogie du Tearling d’Erika Johansen, j’arrive sur la fin du dernier et j’espère juste que la fin sera à la hauteur. Quel plaisir aussi de retrouver Victor Dixen avec « Animale, La malédiction de Boucle d’or » que j’ai bien entamé et qui s’annonce très prometteur. Niveau mangas, le tome cinq de « The promised neverland » m’a fait avoir des sueurs froides tandis que la compétition pour devenir Dieu se resserre dans le tome neuf de « Platinum end ». Et enfin, une belle déception avec « Serre moi fort » de Claire Favan, je vous en parle également très vite.

Livres lus : 

-Le soleil des rebelles, Luca Di Fulvio

-Le signal, Maxime Chattam

-Le malheur du bas, Inès Bayard

-Mémé dans les orties, Aurélie Valognes

-Révolte de feux, Erika Johansen

-Destin de sang, Erika Johansen

-Serre moi fort, Claire Favan

-Animale, La malédiction de boucle d’or, Victor Dixen

-Platinum end tome 9, Takeshi Obata et Tsugumi Oba

-The promised neverland, Kaiu Shirai et Posuka Demizu

Le signal, Maxime Chattam

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Résumé :

Mahingan Falls est une petite ville qui semble coupée du monde, bordée par l’océan d’un côté, encerclée par des monts rocheux de l’autre. Avec ses airs de carte postale, tout prédestinait la famille Spencer à commencer une nouvelle vie loin du tumulte citadin. Pourtant, dès leur arrivée, des événements pour le moins étranges surviennent dans leur  maison, bouleversant leur quotidien. Ils ne sont pas les seuls à être touchés, de multiples disparitions étranges ont lieu, donnant du fil à retordre au nouveau lieutenant de police Ethan Cobb.

Mon avis :

Je ne pouvais décidément pas passer à côté du dernier Chattam , surtout au vu de ce résumé très prometteur. On voit vraiment que l’auteur s’est fait plaisir et s’est lâché pour « Le signal ». Pour ma part, le résultat est très réussi. On retrouve la signature thriller propre à Chattam, mélangée avec du fantastique. Le tout vous donne un livre addictif dont on n’arrive pas à décrocher, les pages semblent se tourner toutes seules, emportées par la malédiction de Mahingan Falls. On voit clairement que c’est un hommage, notamment à Stephen King sur certains passages, d’ailleurs ce n’est pas un secret et ce livre est même voulu comme un hommage aux livres d’épouvantes dont est friand l’auteur. Alors oui, on retrouve des classiques comme la bande de jeunes adolescents qui veulent combattre le mal, les champs de mais la nuit, la maison hantée et surtout la ville comme un personnage à part entière de l’histoire, mais ces classiques fonctionnent. L’ambiance m’a également fait penser à la série « Stranger Things », normal car elle-même s’inspire de ces codes de l’épouvante. J’avoue ne pas l’avoir lu la nuit seule, j’ai essayé un soir et j’ai préféré remettre au lendemain matin… Ce que j’ai adoré c’est le fait qu’il n’y a pas de temps morts, l’alternance entre les points de vue des personnages donne un rythme parfait jusqu’au final magistral. Vous l’aurez compris, j’ai doré frissonner avec « Le signal », quel plaisir de retrouver le Chattam dans ce registre fantastique qu’il avait déjà abordé avec « Le cinquième règne ». Pour ma part, l’un des livres des plus aboutis de l’écrivain, celui qui lui correspond le mieux. Le gros plus, une magnifique carte de Mahingan Falls se trouve au début de livre afin d’être totalement immergé dans cette ville. PS : À ne pas lire avant de prendre un bain… Vous êtes prévenus.

« Owen releva le menton pour comprendre et vit à une quinzaine de mètres, crucifié sur son mât de bois, un épouvantail en salopette de jean trouée, vieille chemise d’un rouge douteux et chapeau de paille hirsute. La citrouille qui composait son visage pendait bizarrement, comme s’il était épuisé, la bouche affaissée, et les fentes de ses yeux grouillaient de mouvements repoussants. »

« Combien de personnes, de par le monde, habitaient un endroit sans même savoir qu’elles vivaient aux côtés de spectres incapables de se faire entendre ? »

Musique écoutée pendant la lecture : Stranger things, soundtrack

Ma note : 10/10