Le malheur du bas, Inès Bayard

DSC_5100

Résumé : 

Dans la vie de Marie, tout allait bien. Un mari qu’elle aime, un travail qui lui convient à Paris, une ville qu’elle apprécie pour son énergie. Un jour, tout s’écroule lorsqu’elle est violée. Au départ, elle ne sait pas comment réagir, hésite à aller porter plainte. Mais très vite, la volonté d’oublier va s’imposer à elle. Cela commence par n’en parler à personne, surtout pas à son mari, ne pas porter plainte, tout faire pour ne plus y penser. Malheureusement le destin va en décider autrement quand Marie découvre qu’elle est enceinte…

Mon avis : 

« Le malheur du bas » a fait beaucoup parler de lui lors de sa sortie pendant la rentrée littéraire, il était temps de m’en faire un avis. Pour commencer, l’intrigue débute par la fin et ça c’est quelque chose que j’adore. On sait déjà par quel drame tout cela va se terminer, pas d’échappatoire, on se demande juste comment Marie va en arriver là. Et puis on comprend sa solitude, son incapacité à parler de ce qu’il s’est passé, ce terrible repli sur soi, son dégoût d’elle même. Attention, ce livre contient des scènes particulièrement dures, je ne le mettrai pas entre toutes les mains. La seule chose à laquelle j’ai dû m’habituer, c’est ce rythme de phrases très courtes qui donne un effet saccadé à l’histoire, l’impression de se noyer avec elle. Mais on s’y habitue assez vite. Bravo à Inès Bayard qui signe un premier roman poignant, percutant dont on a du mal à décrocher et se remettre.

« Tout le monde donne son avis, laisse un petit commentaire sur sa propre expérience. Personne ne remarque son silence. Le rideau se lève. Chacun tient son rôle dans cette comédie absurde. Laurent est ivre. »

« Ils seront heureux de nouveau. On oubliera. »

« Ce bonheur factice, toxique, comparable à une affiche de propagande fasciste sur le miracle et le bonheur que procurent les instants en famille, dissimule si facilement le malheur. »

Musique écoutée pendant la lecture : Stephen Warberck-Le temps qui passe, Polisse OST

Ma note : 9/10

Idées lecture pour décembre

DSC_5034copie

Bonsoir à tous. Ce soir, j’ai décidé de vous préparer un article un peu à part. La période des fêtes arrive, le mois de décembre est un mois que j’aime beaucoup car j’aime cette magie de Noël.

Parmi les livres que je vous propose, il y en a certains que je n’ai pas encore lus mais que j’espère lire durant ce mois :

  • Animale, la prophétie de la reine des neiges, Victor Dixen
  • Quand tu descendras du ciel, Gabriel Katz
  • N’oublie pas mon petit soulier, Gabriel Katz
  • La trilogie À la croisée des mondes, Philip Pullman (je m’étais arrêté au tome un étant plus jeune)
  • Joyeux suicide et bonne année, Sophie de Villenoisy

Parmi ceux que j’ai lus, je vous ai fais une sélection mélant plusieurs genres littéraires afin qu’il y en ait pour tous les goûts. Vous trouverez ainsi du thriller avec « Horrora borealis » de Nicolas Feuz, de la fantasy/young adult avec « Les fiancés de l’hiver » de Cristelle Dabos mais aussi de la fantasy classique avec la trilogie du Tearling d’Erika Johansen que je termine et qui se profile comme un gros coup de cœur. Si vous avez envie de romance, « Avant toi » de Jojo Moyes sera votre parfait compagnon à lire sous un plaid. Enfin, si comme moi et comme beaucoup vous êtes fan d’Harry Potter, les version illustrées de Jim Kay sont juste des petites merveilles.

En espérant vous avoir donné des idées littéraires pour ce mois de décembre, je vous souhaite une très bonne journée.

Et vous, quelles lectures vous accompagneront ce mois de fêtes?

 

Mémé dans les orties, Aurélie Valognes

DSC_4648.JPG

Résumé :

Ferdinand Brun, 83 ans est un sacré phénomène. Aigri, malpoli, acariâtre et renfermé sur lui-même, il passe son temps à fuir les autres et à se faire détester de ses voisines, notamment la concierge, la fameuse Madame Suarez. Son quotidien plus que solitaire se résume entre autre à fumer un cigare dans le couloir (alors qu’il ne fume pas), juste pour embêter cette dernière. Un beau jour, il a le malheur de laisser entrer chez lui Juliette, la petite fille qui vient d’emménager dans l’appartement du dessus. Sans le savoir, cette rencontre va tout changer pour l’octogénaire. Peut-on vraiment changer lorsque l’on a été aussi renfermé sur soi et aigri toute sa vie ?

Mon avis :

Plus la peine de le présenter, « Mémé dans les orties » a fait un buzz incroyable et s’est retrouvé dans les têtes de gondoles un peu partout. Il était temps que je m’en fasse mon propre avis. Un début de mois de novembre bien frais, un vrai temps d’automne, le moment était parfait pour me plonger dedans. J’ai passé un très bon moment littéraire avec Ferdinand que j’ai trouvé très touchant. C’est une petite lecture qui se lit très vite et qui fait du bien au moral, dans la même veine que Virginie Grimaldi. Les personnages très caricaturaux m’ont beaucoup plu et vous transporteront dans cette belle leçon de vie. Car oui, ce qu’il faut en retenir, c’est que le temps passe vite, il faut profiter de chaque instant et se rendre la vie la plus belle possible. Pour résumer, une petite lecture qui fait du bien au moral, qui fait sourire et qui est idéale pour la saison automnale.

« Son antipathie est devenue une seconde nature, un art de vivre, de survivre même. Oui survivre, car Ferdinand accepte mal de vieillir. Solitude, déchéance du corps . tout cela le tue à petit feu. La seule activité que Ferdinand ait trouvée pour tromper l’ennui, être méchant, histoire de ne manquer à personne une fois parti. »

« On dit qu’on devient adulte quand on prend conscience qu’on doit mourir un jour. Pour moi, ça a été à six ans, à l’âge où l’on apprend à lire et à écrire, pas à compter les personnes qui manquent. »

Musique écoutée pendant la lecture : Amélie Poulain, Original soundtrack

Ma note : 7/10

Les témoins de la mariée, Didier Van Cauwelaert

DSC_3773.JPG

Résumé :

Marc, photographe Français de renom mène une vie à cent à l’heure avec les excés qui vont avec. Grandes soirées, mannequins et alcool font parti de son quotidien. Quelle surprise pour ses quatre amis d’enfance quand il leur annonce son mariage avec une Chinoise plutôt quelconque dans les prochains jours. Ils ne l’ont jamais rencontré et pourtant Marc demande à deux d’entre eux d’être les témoins de la future mariée. Seulement voilà, à la veille du mariage Marc est tué dans un accident de voiture et sa fiancée est dans l’avion pour la France ne se doutant de rien. Les quatre témoins partent l’accueillir à l’aéroport avec un mot d’ordre : ne pas lui briser ses rêves tout de suite et retarder l’annonce du drame.

Mon avis :

Je n’avais pas lu du Van Cauwelaert depuis longtemps et quelle erreur. « Les témoins de la mariée » se lit d’une seule traite. On se prend vite d’affection pour cette amitié qui paraît plus forte que tout. On ne peut s’empêcher de se poser la question, que ferais-je à leur place ? J’ai assisté impuissante à ce fameux dilemme, quel est le bon moment pour annoncer à cette fiancée que son futur marié n’est plus de ce monde ? Malgré une lecture légère, l’auteur arrive quand même à nous surprendre avec de jolis rebondissements. Avec cette lecture, vous passerez du rire aux larmes. Une jolie histoire à découvrir sans attendre.

« -Marc n’a pas pu… Ont commencé ensemble Marlène et Jean-Claude, avec le même arrêt déglutition. La Shanghaienne a hoché la tête avant de terminer leur phrase :

-…venir me chercher, je sais. Chez vous il porte malheur que les fiancés se voient avant le mariage. Je me réjouis de respecter vos coutumes, car le Ciel n’est rond que si la Terre est carrée. »

« On est allés reconnaître le corps. Disons qu’on a identifié la Rolex et le piercing. En se refermant, le tiroir de la morgue a congelé nos souvenirs. Sans Marc, rien ne serait plus comme avant ; le passé qui nous unissait ne gouvernait plus nos vies. Notre seul enjeu commun, désormais, notre seule raison d’être ensemble, c’était la petite Chinoise inconnue qui atterrirait le lendemain matin à l’aéroport Charles-de-Gaulle. »

Musique écoutée pendant la lecture : Chopin, Nocturne op.9 No2

Ma note : 8/10

La boîte de Pandore, Bernard Werber

DSC_4262

Résumé : 

René Toledano, professeur d’histoire, accompagne sa collègue de travail à un spectacle d’hypnose un peu contre son gré. Ce qu’il redoutait arrive, il est choisi par Opale, l’hypnotiseuse, afin de servir de cobaye sur scène. L’expérience qu’elle lui propose consiste à découvrir ses vies antérieures sous l’effet de l’hypnose. Au départ plutôt septique, René va être bluffé par l’expérience. Cependant, prenez garde, ouvrir les portes de vos vies antérieures peut bouleverser votre vie actuelle à tout jamais.

Mon avis :

Chaque année c’est le même rituel, je guette la sortie du dernier Bernard Werber pour le dévorer. Et cette année, autant vous dire que je n’ai pas été déçue ! L’auteur avait déjà évoqué plusieurs fois l’exploration des vies antérieures, je n’attendais qu’une seule chose, que cela soit un sujet principal d’un de ses romans. Et bien c’est désormais chose faite avec réussite. J’ai adoré découvrir les vies antérieures de René Toledano, découvrir les anecdotes historiques glissées au fils des pages et prendre du recul sur notre société. Car oui, c’est ce que j’aime avec Bernard Werber, on réfléchi, on s’instruit. L’Histoire a une place fondamentale dans cette intrigue, l’accent est mis sur la manière dont elle nous est transmise, comment nous l’interprétons et surtout sur le fait qu’elle peut être facilement modifiée et surtout écrite de manière sélective. Les rencontres de René avec ses vies passées m’ont passionné, j’ai adoré voir comment elles pouvaient influencer sur la vie du protagoniste en bien comme en mal…Pour moi, « La boîte de Pandore » est le livre le plus abouti de l’auteur. Si vous n’avez jamais lu un de ces livres, il vous permettra d’avoir une vue globale du monde de Werber et de le découvrir. Et si comme ma part vous êtes un/une fan, vous retrouverez énormément de références à ses précédents ouvrages, notamment « les thanatonautes », « L’empire des anges » ainsi que la trilogie des micro humains, tout se relie. Du coup, c’est un réel plaisir à lire, je me suis sentie comme à la maison, en terrain connu qui confirme ma passion pour les livres de cet auteur. C’est avec un petit pincement que j’ai terminé ce coup de cœur, car oui, il me faut désormais patienter une année pour le prochain…

« Crois-moi, il n’y a rien d’exaltant ou de beau à une bataille. Et pourtant, c’est ce qu’on retient le plus de l’histoire. C’est dommage. Je verrais bien une histoire où l’on retiendrait les moments de plaisirs et de joie, mais cela n’intéresserait personne. »

« Le passé est source de regrets, le future, source d’angoisse. Je rêve d’inventer l’homme qui serait, comme les animaux, juste dans l’instant immédiat. »

« Vouloir comprendre notre monde en regardant les actualités revient à vouloir comprendre Paris en visitant le service des urgences d’un de ses hôpitaux. »

Musique écoutée pendant la lecture : Kingsman, main theme

Ma note : 10/10

Mes mots sont les fleurs de ton silence, Antoine Paje

DSC_4283.JPG

Résumé : 

Pour comprendre cette histoire, mettez-vous à la place d’Arnaud. Tout pour être heureux, un poste de patron d’entreprise qui marche très bien, une femme intelligente, deux enfants. Et un beau jour, c’est l’accident de voiture, vous vous retrouvez dans le coma. Vos proches viennent à votre chevet et se confient, les langues se délient et vous entendez tout sans pouvoir répondre en retour. Voilà comment tout commence, comment Arnaud se retrouve confronté aux erreurs,aux secrets et aux regrets de sa vie.

Mon avis : 

J’avais vu passer ce livre sur instagram et le résumé m’avait de suite accroché. Comme l’on peut s’y attendre, Arnaud va de découvertes en découvertes, sa vie qu’il croyait parfaite ne l’était qu’en surface. Il se retrouve brutalement confronté aux non-dits, aux mauvaises décisions qu’il a pu prendre. C’est une très belle histoire que je recommande grandement. Le genre de récit qui nous rappelle que la vie n’est pas éternelle et qu’il faut profiter du moment présent et prendre soin de ceux que l’on aime. De plus, c’est un petit format qui se lit très facilement. Certes, il n’y a pas trop de surprises, j’ai vu venir quasiment toutes les révélations qu’Arnaud entend, mais cela n’a en rien gâché ma lecture. On ne peut s’empêcher de se mettre à sa place, de prendre du recul sur sa vie et de se demander si certaines choses ne pourraient pas être améliorées en y mettant du sien.

« La majeure partie de nos baisers sont du vent, de l’obligation, de la convenance. Pas ceux de sa mère. »

« Le cerveau d’Arnaud sourit à nouveau. Puis un sombre désespoir le submergea. Merde il aurait tant voulu indiquer à Xavier qu’il entendait chacun de ses mots. Il se concentra de toute sa volonté, intimant à ses paupières de se soulever, à sa bouche de s’étirer, à sa main de se crisper. Ce corps ne lui obéissait plus. Ce corps sur lequel il avait toujours pu compter, qu’il qualifiait  de « solide comme un roc » ».

« Le son étouffée de la porte qui se refermait derrière elle. Il sentit des larmes dévaler, tièdes, il ne savait trop où. En dedans de lui. Arnaud apprit ce jour-là qu’un cerveau pouvait pleurer. »

Musique écoutée pendant la lecture : Studio Ghibli relaxing piano collection

Ma note : 8/10

La vraie vie, Adeline Dieudonné

DSC_4149

Résumé :

Elle, c’est une jeune fille d’une dizaine d’années qui vit avec son étrange famille dans un pavillon où tout pourrait sembler normal. À y regarder de plus près, on découvre un père alcoolique dont la chasse est sa passion, une mère totalement absente et un petit frère, Gilles pour qui tout allait bien. Et puis un beau jour, c’est l’accident. L’accident qui a tout changé. Depuis Gilles ne sourit plus. À partir de ce moment là, elle ne rêve que d’une chose, remonter le temps pour effacer cet événement qui n’aurait jamais dû arriver, pour que tout s’arrange un jour. Laissez-vous emporter dans cette parenthèse, dans la vraie vie d’une jeune fille qui ne cessera de vous surprendre.

Mon avis : 

« La vraie vie » fait parti de ces livres qui se dévorent d’une seule traite. J’en ai entendu parler en coup de cœur de l’émission « La grande libraire », par la suite il a reçu le prix du roman Fnac et je pense que les récompenses vont continuer à pleuvoir. J’ai été littéralement absorbé par cette histoire grâce à une écriture très fluide. L’histoire nous est racontée des yeux d’une jeune fille, ce qui amène un côté touchant. On devient spectateur de cette drôle de famille de ce père violent qui accumule les trophées de chasse dans la « chambre des cadavres », de cette mère comparable à une amibe tant elle est inexistante mais aussi de Gilles. Ce petit frère autrefois souriant qui s’est totalement renfermé sur lui-même depuis l’accident. Cette jeune fille au caractère bien trempé nous fait vivre son quotidien avec ses mots, ses rêves et c’est ce qui fait la force de ce livre. Une très belle histoire, poignante et qui ne laisse pas indifférent. Adeline Dieudonné signe un premier roman très prometteur qui laisse présager une très belle carrière. Pour l’instant, entre « Les prénoms épicènes » d’Amélie Nothomb et ce dernier, la rentrée littéraire 2018 est un bon cru pour ma part.

« Mon père avait déjà déserté pour s’installer devant sa télé, avec sa bouteille de Glenfiddich. Il n’aimait pas passer du temps avec nous. Je crois que, dans cette famille, personne n’aimait le moment où on se retrouvait réunis autour du repas du soir. »

« Mon âme était en communion avec une autre, celle d’un tueur. Il m’avait retrouvée. La hyène m’avait retrouvée. J’avais oublié qu’on ne pouvait pas se cacher d’elle. Elle était en tout, partout, dans la peau du monde. »

« Il faisait celui qui parlait à ma mère, mais, en réalité, on aurait pu la remplacer par un ficus, il n’aurait pas vu la différence. »

Musique écoutée pendant la lecture : Amélie Poulain full soundtrack

Ma note : 9/10