Le sortilège de Stellata, Daniela Raimondi

Livre envoyé par « Slatkine & Cie »

Résumé :

Tout commence en 1800 dans le petit village italien de Stellata dans la plaine du Pô. Des tsiganes se sont installés depuis peu et partagent le quotidien des habitants. Le destin se met en marche lorsque Viollca, une tsigane, affirme à Giacomo qu’il est celui qu’elle attendait depuis des années.

Quelques mois plus tard, la jeune femme est enceinte et un mariage a lieu, malgré la réticence des deux familles. Ainsi débute cette épopée familiale, bercée par les visions et prédictions effrayantes de Viollca. Au travers des années, suivez le destin incroyable de cette famille atypique.

Mon avis :

Je remercie encore la maison d’édition « Slatkine et Cie » pour l’envoi et la découverte de cette autrice que je ne connaissais pas. Une histoire de famille, de destins et de rêves, il ne m’en fallait pas plus pour attiser ma curiosité et flairer une belle lecture. Dès les premières pages, j’ai été embarquée au cœur de cette Italie des années 1800 aux côtés de Viollca et Giacomo. Puis vous vous laissez porter à travers le temps, à travers les descendants de ce couple mixte. Les années passent mais les générations n’oublient pas les prophéties de Viollca et se transmettent des recommandations pour tenter de lutter contre leur destin. Mais peut-on échapper à l’inéluctable ? « Le sortilège de Stellata » est une histoire de famille remarquable et exceptionnelle. Une famille qui au fil du temps continue de donner naissance à des « rêveurs », des personnes avec une sensibilité forte mais surtout des dons hérités de Viollca comme par exemple voir les morts ou encore lire dans les pensées. En tant que lecteur, nous suivons et vivons avec les personnages, témoin de leurs réussites mais aussi des grands malheurs qui se produisent malgré leur vigilance. J’ai été totalement happée par cette lecture que j’ai dévoré en quelques jours et qui m’a bouleversé. Le livre se découpe en plusieurs parties qui se focalisent sur des années charnières.

Vous commencez en 1800 mais vous vous retrouverez en 1915 avec le départ d’Erasmo pour la guerre mais aussi en 1926 avec le mariage d’Adèle au Brésil avec un producteur de café ou encore en plein mouvement contestataire en 1968 avec Norma et Donata. Un récit historique passionnant riche en détails et anecdotes sur chaque époque. L’écriture est magnifique et vous ne voyez pas les pages passer tant vous êtes transporté dans l’intrigue. Le sens du détail est impressionnant et vous ressentez un nombre de sens prodigieux au cours de ce livre comme les saisons, le goût mais aussi les odeurs. Et que dire des scènes de cuisine. Dans un chapitre vous serez témoin de la faim, de la difficulté à se nourrir. Puis dans une autre époque vous serez avec la mère de famille qui prépare les pâtes à la main.

Chaque personnage est incroyable mais je dirais que j’ai été très touchée par Adèle, son courage de partir aussi loin et de se marier à un inconnu. Sa force d’apprendre une nouvelle langue, de gérer une exploitation de café ainsi qu’une nouvelle culture. Pour renoncer à ses propres rêves. Les deux cousines Donata et Norma m’ont également marqué, j’ai été emportée par leur enfance, la volonté de leurs parents de leur offrir une meilleure vie mais aussi par les choix difficiles qu’elles ont dû faire. Ce n’est pas une surprise, j’ai adoré ce livre qui est un véritable coup de cœur. De belles leçons de vie avec un message fort : Croyez en vos rêves et battez-vous pour les réaliser. Lisez « Le sortilège de Stellata » et laissez-vous porter par cette fresque magnifique familiale. De mon côté j’ai une envie subite de pâtes fraiches mais je pense que c’est normal.

« Quand elle fut à mi-chemin de la passerelle, elle se tourna pour revoir ses parents. Elle eu du mal à les trouver, et finit par les apercevoir dans la foule. D’un seul coup, ils ressemblaient à deux vieux. Ils s’appuyaient l’un contre l’autre, ils souriaient en essayant de lui donner du courage. Adele se figea, agrippée à la main courante de la passerelle. Les gens la bousculaient, des corps la poussaient, mais elle ne voulait plus avancer. Qu’est-ce que je fais, là ? Comment j’ai pu décider d’épouser un inconnu ? Maintenant la seule chose qu’elle voulait, c’était descendre de ce bateau. Vite ! Vite ! Elle commença à pousser dans l’autre sens pour se frayer un passage dans la foule qui montait. »

« Au village ils étaient nombreux à jurer que ces engins allaient bientôt remplacer les chevaux et les calèches, à commencer par son fou de père, Achille, fervent défenseur du progrès et toujours enthousiaste de nouvelles découvertes. Et quoi encore ! Beppe Casadio n’aurait jamais parié un centime sur ces machines ridicules ! C’était du vice, des idées de riches, sans avenir aucun. »

« Dollaro resta longtemps allongé, haletant. Qu’est-ce que c’était, cette hallucination ? Qui était cette femme ? Il n’avait pas rêvé : il avait senti les bagues, les cheveux… Alors seulement, il repensa à ce que lui avait dit Viollca. Aspiré dans un tourbillon d’eau noire, il avait vécu la même expérience que sa mère quand, vingt ans plus tôt, elle avait cherché à dévoiler les mystères de l’avenir. Cela ne pouvait pas être une simple coïncidence : c’était un avertissement. La prophétie était donc vraie et il avait le devoir de la transmettre aux générations futures. »

Ma note : 10/10

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s