L’enfant parfaite, Vanessa Bamberger

Résumé :

Roxanne, jeune adolescente comme tant d’autres. Une vie rythmée par ses amies, ses premiers amours mais surtout la pression scolaire. Car la jeune fille est dans un prestigieux lycée qui prône l’excellence.

Son objectif, aller en prépa. Être la meilleure. Tout le temps. Ne pas décevoir ses parents, surtout son père qu’elle ne voit que très rarement. Entre une mère qui travaille beaucoup, un père absent, la jeune Roxanne tombe dans une spirale infernale que rien ne semble pouvoir arrêter. Deux ans plus tard, François, un cardiologue et ami de Cyril, le père de Roxanne, se retrouve sous l’œil de la justice. Il doit répondre devant le conseil de l’ordre des médecins de ce qui est arrivé à l’adolescente.

Mon avis :

J’ai eu l’opportunité de découvrir ce livre pour un prix organisé par ma librairie. En lisant le résumé, je sentais déjà que cette histoire allait me plaire, ou du moins faire écho à mon vécu personnel. Et finalement je ressors bouleversée, émue et chamboulée par « L’enfant parfaite » qui à de nombreux moments semble décrire des choses que j’ai vécue. Le personnage de Roxanne est d’une justesse rare, un portrait d’une adolescente comme tant d’autre en 2017. Le seul reproche que je ferais concerne les expressions de langage qui sont souvent exagérées ou accentuées et n’étaient pas spécialement nécessaires à mon sens car cela alourdissait le récit. Mais en dehors de cela, les émotions vécues par Roxanne sont parfaitement retranscrites, le lecteur vit avec elle une tranche de vie difficile : l’adolescence. Comme beaucoup de jeunes de son âge, elle se met la pression, transmise notamment par son père, de réussir. Mais pas seulement. Elle veut être la meilleure. Meilleure dans toutes les matières, tout réussir pour être la première. Jusqu’à s’en rendre malade, être comme rongée de l’intérieur.

Alors nous la suivons dans son quotidien, rythmé par le rap qu’elle adore écouter, mais aussi au son de la musique classique avec sa mère altiste. Le tout donne une certaine musicalité au récit, une poésie qui nous transporte. Et puis il y a François, un cardiologue qui va croiser la route de Roxanne, ce qui changera sa vie à tout jamais. Un homme avec aussi des idées bien arrêtées concernant son fils, Romain, qu’il n’imagine pas une seule seconde échouer. Un père qui pousse à l’excellence, qui n’accepte pas l’échec et n’envisage certainement pas que l’adolescent renonce à aller en scientifique. Deux histoires qui se font écho pour se rejoindre dans un incroyable duo, deux points de vue sur la pression que ressentent des enfants qui veulent être parfaits. Pour ne pas décevoir, ne pas causer de soucis, rendre fiers ses parents, l’échec n’est pas une option. Mais ici, on parle également de perfection physique, cette course à la perfection dont sont victimes les jeunes d’aujourd’hui qui n’acceptent plus les imperfections et rêvent de corps artificiels.

Un portait poignant d’une jeunesse perdue qui ne sait plus où donner de la tête, qui a envie de profiter de son insouciance et de réaliser ses propres rêves. Pas ceux créés par leurs parents. La grande force de « L’enfant parfaite » est d’être multi générationnel et de pouvoir être lu aussi bien par des adolescents que par des parents ou encore même des grands-parents. Un livre dont je me souviendrais, Roxanne rejoint désormais les personnages que je n’oublierais pas.

« Tous les darons, sans exception, expérimentent le phénomène de la projection. Si les contours de leur descendant ne se superposent pas exactement à leur image de l’enfant rêvé parfait, c’est le cataclysme. L’enfant perçoit le séisme et tente de se conformer à ce que ses parents attendent de lui. Il mobilise toutes ses forces et alors survient l’épuisement. »

« Au lieu de s’en émouvoir, il a envie de le secouer. Il voudrait qu’il se redresse, qu’il se batte, qu’il s’anime de rage. La souffrance à l’école est un passage obligé, une répétition des combats qu’il aura à mener. Il n’a pas l’intention d’élever son fils dans le coton. À son âge, personne ne l’aidait à travailler, personne ne se souciait de son bien-être. Romain a la vie facile et n’apprécie pas ce qui lui est offert. »

Ma note : 10/10

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