Grandir un peu, Julien Rampin

Résumé :

« Vieille dame un peu loufoque loue appartement meublé à dame de bonne compagnie. Loyer modéré contre menus services. » Lorsque Jeanne cherche un endroit pour donner un nouveau sens à sa vie, cette annonce l’intrigue et la conforte dans sa décision.

Fuir une vie qui ne lui convient pas et un mari envers lequel elle ne ressent pas le grand amour (et qui en plus l’a affublé de son nom de famille, Jambon), voici le but de Jeanne lorsqu’elle quitte son quotidien monotone. Elle ne se doute pas encore que cette expérience la changera pour toujours et lui permettra d’enfin s’épanouir. Cette vieille dame un peu loufoque c’est Raymonde. Une dame au caractère bien trempé et qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas, mais surtout avec une énergie folle. En plus de cette dernière, Jeanne va partager ses journées avec Lucas, son petit-fils. Un personnage brisé par la vie mais qui partage une complicité forte avec sa grand-mère. Tous les trois vont vivre des jours heureux, au rythme des anecdotes de la vielle dame, des virées au Super U du coin pour faire les courses. Mais ce bonheur va être de courte durée et ils vont devoir faire face, se relever et surtout grandir un peu.

Mon avis :

Je ne m’en cache pas, mon genre de prédilection est le Policier. Mais j’aime varier les genres et surtout avoir des lectures plus douces entre deux thrillers bien violents et effrayants. La sortie du premier livre de Julien Rampin est tombé à pic pour le printemps et le timing était parfait vis-à-vis de mes lectures. Si le nom de l’auteur vous évoque quelque chose c’est normal, il s’agit de « labibliothèquedejuju » sur instagram, j’étais donc enchantée de découvrir sa première parution et de le soutenir. Dès les premières pages j’ai été happée par l’histoire et la plume de Julien. Les pages défilent, je suis aux côtés des personnages et je vis avec eux cette parenthèse de vie. On est d’accord, c’est un roman feel-good donc vous n’échapperez pas à certains clichés du genre mais qui sont presque essentiels. Néanmoins, cela ne m’a pas dérangé et j’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie de Jeanne, Raymonde et Lucas. Les personnages sont tous bien travaillés, avec un vécu intéressant et surtout utile dans l’intrigue.

Le fil conducteur est Jeanne, une femme qui décide de prendre du temps pour elle, de savoir ce qu’elle veut vraiment. Pour cela elle s’installe dans un petit appartement chez Raymonde avec comme contrat de passer du temps avec la vieille dame comme par exemple l’accompagner aux courses (et aller aux courses avec Raymonde n’est pas de tout repos). Mais très vite, un lien plus fort va se créer entre elles, une complicité qui va aider Jeanne à s’épanouir. Elle pourra également compter sur l’aide de Lucas, le petit-fils de Raymonde qui va se révéler être un ami précieux. Au travers de Jeanne, le jeune homme va aussi grandir et évoluer, lui qui a tant souffert par le passé. Vous vous en doutez, la cohabitation entre les trois ne sera pas de tout repos et vous révèle de belles surprises.

Alors lorsqu’un malheur va se produire, ils vont devoir se serrer les coudes, se soutenir et continuer de croire en leurs rêves. Une très belle histoire qui vous transporte dans un tourbillon d’émotions, du rire aux larmes mais surtout avec une leçon de vie : Profitez de chaque instant, ne gâchez pas votre vie avec des futilités, soyez reconnaissants de ce que vous avez et surtout gardez en tête que vous avez droit au bonheur. Le récit aussi de combats menés par les personnages, chacun à leur manière pour grandir, se construire et s’affirmer. Le tout avec une écriture magnifique, des tournures de phrases très réussies et marquantes. J’ai beaucoup aimé cette lecture que je ne peux que vous conseiller. Un grand bravo à Julien pour cette première parution.

« Jeanne avait compris au contact de cette merveilleuse vieille femme à quel point les êtres qui nous entourent sont des puzzles. Dont personne ne possède toutes les pièces. Nous ne voyons que les bribes de ce qui constitue un personne. Nous la rencontrons à un instant de sa vie. Avec son lot de secrets, de non-dits, de fardeaux à porter. On se fait alors une image, plus ou moins déformée. Et prendre le temps de découvrir quelqu’un, l’aimer peut-être, c’était cette envie de recoller les morceaux. D’imaginer l’enfant qu’il avait été, les rêves qui l’avaient nourri, les déceptions qui l’avaient fait chavirer. C’était entrevoir les combats menés contre soi-même, ces désillusions intimes et fracassantes qui constituent un être. »

« Un enfant est une toile vierge. Le chef-d’œuvre n’est jamais loin. Et pourtant on fait des tâches. On éclabousse sans le vouloir sa vérité. J’avais tellement peur de voir mes propres ratures en elle. J’étais terrifiée, je crois, qu’elle soit née fille. »

Ma note : 9/10

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