De soleil et de sang, Jérôme Loubry

Résumé :

À Haïti, plus précisément à Port-au-Prince, l’inspecteur Simon Bélage est appellé sur une scène de crime. En découvrant les corps ainsi que les mutilations, le doute n’est pas permis, le tueur qu’il recherche a récidivé. C’est déjà la deuxième fois en une semaine que des corps sont découverts dans les mêmes circonstances.

À chaque fois, des couples ont été tués dans des quartiers plutôt aisés de la ville, les corps atrocement mutilés. Mais dans ce pays, les rituels vaudous sont très répandus, tout porte à croire que les meurtres y sont reliés. Simon n’est pas dupe et n’est pas superstitieux. Pour lui, quelqu’un se cache derrière tout cela. Et toutes les pistes mènent à un orphelinat désormais fermé surnommé « La Tombe joyeuse ». Mais  vouloir réveiller les fantômes du passé n’est pas sans danger… 

Mon avis :

Haïti. Des rituels vaudous. Un orphelinat étrange. Des meurtres rituels. Des éléments alléchants pour une intrigue prometteuse. Jérôme Loubry est un auteur que j’ai découvert avec l’excellent « Les refuges », un coup de cœur, puis par la suite avec « Le douzième chapitre ». Déjà, j’avais compris le talent de l’auteur à savoir se renouveler. Et avec « De soleil et de sang », l’auteur réussi encore à me surprendre. Une plume toujours aussi réussie ainsi qu’une intrigue très bien construite. Ici il nous embarque à Haïti, avec à la fois une histoire fictive, mais surtout beaucoup d’éléments réalistes. Un triste tableau d’un endroit où la richesse peut permettre tout et n’importe quoi, où l’innocence de l’enfance est souvent gommée par la pauvreté. Dans cette réalité, Jérôme Loubry tisse une histoire incroyable et bouleversante. D’un côté Simon, l’inspecteur qui enquête sur les séries de meurtres à priori vaudous. De l’autre, Vincent Préjant, un homme qui a appris récemment la mort de sa jeune épouse lors d’un accident de voiture au cours d’une mission humanitaire à Haïti. Petit à petit, les éléments se regroupent et rassemblent les deux affaires, faisant même voyager le lecteur dans le passé, lorsque « la Tombe joyeuse » était encore un orphelinat. Une histoire sur l’enfance, un thème que Jérôme Loubry sait exploiter pour en tirer des intrigues différentes les unes des autres. Ici, même si le thème du vaudou reste présent, il a fait le choix de miser sur du réalisme, plongeant le lecteur au cœur de l’enfer. Un réalisme avec peu de scènes choquantes, beaucoup sont suggérées, laissant libre cours à l’imagination du lecteur pour certains passages. Et c’est une réussite, une histoire glaçante et percutante qui vous plonge dans une ambiance mystique. Au cœur de la réalité du cauchemar que vivent les enfants dans les quartiers pauvres. Un livre poignant, marquant.

« Si je je devais retenir un moment de notre rencontre, ce serait celui-ci. Nos deux silences. Notre immobilité. Ces promesses invisibles que l’on formula au fond de nos iris, bien à l’abri et préservées dans nos certitudes amoureuses. Je me jurai alors de ne jamais me détourner de ce regard. Dussé-je affronter l’enfer… »

« Haïti se… se nourrit de ses enfants. C’est un… un monstre qui… qui se repaît de leurs sou… souffrances. Grandir i… ici c’est grandir dans un… un abattoir et… et attendre son tour… »

Ma note : 8/10

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