De bonnes raisons de mourir, Morgan Audic

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Résumé :

Pripiat de nos jours. La ville aujourd’hui déserte est de plus en plus visitée par un nouveau genre de tourisme, amenant des curieux désirant découvrir la ville tristement célèbre à cause de la catastrophe de Tchernobyl. C’est lors d’une de ces visites qu’un guide aperçoit une silhouette accrochée sur la façade d’un des immeubles.

Joseph Melnyk, capitaine, et Galina Novak, officier de police sont envoyés sur place et découvrent avec stupeur la scène. En s’approchant, l’horreur se confirme, il s’agit bien d’un corps suspendu sur cet immeuble. Le pire les attend, le corps est sauvagement mutilé. La victime, un homme, est très vite identifié mais son nom est lié à un double meurtre commis en 1986, la nuit ou la centrale de Tchernobyl a explosé. Dans le même temps, Alexandre Rybalko, policier russe, est contacté par le père de la victime pour enquêter de son côté afin de trouver le responsable de ce meurtre qui signe ses méfaits d’une hirondelle empaillée…

Mon avis :

La candidature récente au Prix des lecteurs policiers 2020 du livre de poche de « De bonnes raisons de mourir » m’a fait foncer pour le découvrir. J’ai eu l’occasion de visionner il y a quelques mois la mini- série Chernobyl, qui a été l’occasion d’en apprendre plus sur les terribles événements de 1986, si vous ne l’avez pas vue je vous la recommande en complément de lecture. Car oui, Morgan Audic a réussi l’exploit de mêler cette catastrophe connue de tous et de l’inclure dans son enquête plus actuelle. Le résultat, une histoire à cheval dans le passé et dans le présent réussie avec brio. Un thriller prenant, rythmé, rempli de faits historiques qui apportent un vrai plus à l’intrigue. L’auteur n’hésite pas à y aller franchement dans les détails lors des scènes de meurtres ce qui apporte un vrai côté réaliste mais ne va pas non plus dans de la violence gratuite. Les mots sont choisis, précis et efficaces. L’ambiance globale du livre est également travaillée à la perfection, j’étais totalement dans l’intrigue, au cœur de Pripiat. Tout cela uniquement grâce au travail de recherches que Morgan Audic a réalisé en amont de l’écriture. Aussi bien sur les événements passés que présents, on sent qu’il a voulu apporter le plus de détails sur les endroits décrits, sur les faits qui s’y déroulent. La lecture est donc truffée d’anecdotes historiques intéressantes. En plus de cela, l’idée de l’enquête est extrêmement bien trouvée, l’auteur s’amusant avec nos nerfs jusqu’au dernières pages. Croyez-moi, vous aurez du mal à deviner l’issue de l’intrigue. J’ai adoré me plonger dans cette histoire folle, découvrir encore un peu plus ce moment de l’histoire qui n’est pas si loin de nous tout comme la situation actuelle entre russes et ukrainiens qui est encore conflictuelle. Un livre également hommage à ces hommes de l’ombre qui ont permis d’éviter une catastrophe encore plus grande et qui ont donné leur vie en sacrifice. Vous l’aurez compris, c’est un gros coup de cœur pour moi, une lecture que je recommande, un vrai page turner qui saura vous tenir en haleine.

« Avec amertume, il se dit que le monde se souvenait de dictateurs, de joueurs de foot brésiliens et d’artistes peignant des carrés blancs sur fond blanc, mais que personne ne pouvait donner le nom d’un seul de ces hommes qui avaient sauvé l’Europe d’un cataclysme nucléaire sans précédent. Qui connaissait Alexeï Anannenko, Valeri Bespalov et Boris Baranov ? Qui savait qu’ils s’étaient portés volontaires pour plonger dans le bassin inondé sous le réacteur 4, pour activer ses pompes et le vider de son eau avant que le cœur en fusion de l’atteigne ? Qui savait que si le magma d’uranium et de graphite s’était déversé dans le bassin, il se serait produit une explosion de plusieurs mégatonnes qui aurait rendu inhabitable une bonne partie de l’Europe ? Qui le savait ? »

« Depuis quelques années, des pêcheurs du monde entier affluaient sur la mer de Kiev pour essayer de remonter au bout de leur ligne de gros poissons introuvables ailleurs. Vu que la faune locale avait été épargnée par la surpêche pendant les trente dernières années à cause des radiations, les poissons s’étaient reproduits en masse et avaient eu le temps d’atteindre des tailles inhabituelles. »

Musique écoutée pendant ma lecture : Hans Zimmer, Time (inception soundtrack)

Ma note : 10/10

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