Les aérostats, Amélie Nothomb

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Résumé :

Ange, une jeune étudiante belge de dix-neuf ans en philologie accepte de donner des cours de français à Pie, adolescent en difficulté dans cette matière. Son père, un homme fortuné, est désespéré de voir que son fils soit dyslexique. Encore plus par le fait que cela puisse nuire à sa scolarité et par conséquence à son avenir professionnel. Commence alors la mission que se donne la jeune étudiante : faire aimer la lecture à l’adolescent.

Mon avis :

Chaque année au mois de septembre c’est le même rituel. Comme une routine qui s’installe, un rendez-vous à ne pas manquer. La sortie du dernier livre d’Amélie Nothomb accompagné d’une unique phrase comme résumé, ici : « La jeunesse est un talent, il faut des années pour l’acquérir. » Comme à chaque fois, je profite d’un jour de congé que je réserve à cette lecture car je sais qu’en une journée les dernières pages du livre se refermeront, en attendant le prochain. Avec cette lecture j’ai passé un très bon moment. Une lecture qui peut paraître simple au premier abord, mais qui s’avère plus complexe si on prend du recul. Ici, Amélie Nothomb prouve encore une fois qu’il y a forcément un livre pour faire aimer la lecture, pour avoir le déclic. C’est une phrase que j’entend encore beaucoup : « Je n’aime pas lire ». Comment peut-on dire cela ? Il y a forcément une lecture qui saura transporter une personne, la bouleverser. Ici, Ange est au départ choquée que Pie soit diagnostiqué dyslexique et qu’il n’a jamais lu un seul livre de sa vie. Très vite, elle sait trouver les mots pour le pousser à lire des œuvres qui pourraient effrayer comme « L’iliade » d’Homère ou encore « Le rouge et le noir » de Stendhal (qu’il faut vraiment que je lise). Le jeune homme s’avère finalement très bon lecteur, fin analyste et prend même plaisir à échanger avec Ange au sujet des lectures. En plus de cet apprentissage, l’auteure nous plonge au cœur de la famille particulière de Pie. Un père soit disant constamment occupé par son travail et qui n’a le temps de rien (ni même de lire les ouvrages qui remplissent les immenses bibliothèques de la demeure familiale), une mère qui collectionne des photos d’objets et porcelaine sur internet. Une vie d’apparence où le paraître l’emporte sur la réalité. Une belle critique de notre société dans laquelle les apparences ont pris beaucoup trop d’importances et pas uniquement via les réseaux sociaux. On se laisse très vite porter par cette histoire de rencontres, de vies qui s’élèvent et grandissent ensemble tels des aérostats dans le ciel. Jusqu’à cette fin qui comme d’habitude saura vous surprendre. Encore une fois, j’ai passé un très bon moment de lecture, il ne me reste plus qu’à patienter jusqu’à septembre prochain…

« Ces derniers temps, dans les médias, on signalait une épidémie de dyslexie. Il me sembla en détenir l’explication. Nous vivions une époque ridicule où imposer à un jeune de lire un roman en entier était vu comme contraire aux droits de l’homme. Je n’avais que trois ans de plus que Pie. Pourquoi avais-je échappé au naufrage ? Mes parents m’avaient éduquée simplement, sans recourir à des méthodes particulières. Pour moi, le mystère, c’étaient ces adolescents qui n’avaient pas la curiosité naturelle de lire. Que l’on accuse Internet ou les jeux vidéos m’apparaissait aussi absurde que d’attribuer à telle ou telle émission de télévision la responsabilité de leur désaffection pour le sport. »

Musique écoutée pendant ma lecture : Infected Mushroom, Vicious delicious full album

Ma note : 8/10

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