La passe miroir, Christelle Dabos

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Résumé :

Sur l’arche d’Anima, Ophélie, grande maladroite au fort caractère, aime la vie qu’elle mène. En plus de pouvoir lire le passé des objets, elle peut traverser des miroirs et voyage ainsi d’un miroir à l’autre. Jusqu’au jour où la grande nouvelle tombe, les doyennes de l’arche l’ont choisie pour un mariage arrangé avec l’arche du Pôle.

Son destin est scellé, elle devra épouser Thorn, descendant du puissant clan des Dragons qui vit à la Citacielle, la capitale flottante du Pôle. Une fois sur place, rien ne se passera comme prévu et Ophélie va se retrouver dans un monde dangereux où les complots et les illusions sont légions. C’est ici que sa vie va changer, lui permettant peut-être d’en savoir plus sur elle-même.

Mon avis :

Afin de vous éviter les spoilers, j’ai préféré faire un article global sur la série, un avis sur le dernier tome aurait été trop révélateur des tomes précédents. Tout d’abord, si vous avez déjà lus les trois premiers tomes, je vous conseille grandement une relecture avant d’entamer « La tempête des échos » car vous passerez à côté de pas mal d’éléments, ce qui risque de vous gâcher la lecture du dernier tome qui est en plus assez complexe.

« La passe miroir » est une saga qui m’a accompagné sur plusieurs années et que j’ai quitté avec un pincement au cœur. Elle fait partie désormais des histoires qui m’ont marquées. Christelle Dabos a en effet construit un univers incroyable, unique et avec une plume très descriptive ce qui fait que vous êtes complètement immergé dans l’histoire. Au fil des pages, je me retrouvais aux côtés d’Ophélie dans ces mondes incroyables. Bien que « La passe miroir » se compose de quatre volumes, je dirais que la série peut se diviser en deux parties.

Les deux premiers tomes sont ceux dans lesquels on découvre le monde des arches, ses codes et dans lesquels l’auteure pose les bases de son imaginaire. Un monde brisé, explosé en arches flottantes autour d’un cœur de gravité. Chaque arche est régie par un esprit de famille, parent de chaque être né sur son arche. Les esprits de famille sont des êtres à parts, de taille disproportionnée, ce sont des êtres immortels, nés bien avant la déchirure du monde. Des êtres puissants mais amnésiques, ne se rappelant pas du monde avant la déchirure. Ils lèguent à leurs descendants une partie de leur pouvoir, forgeant ainsi une grande famille. Concernant les pouvoirs, il y a par exemple les Dragons, dont le pourvoir est lié à des griffes invisibles mais avec un potentiel de défense redoutable ou encore le clan de la Toile dont tous les membres communiquent entre eux par la pensée. Dans ce premier volume, nous faisons également connaissance avec de nombreux personnages tous plus intéressants les uns que les autres : Bérénilde, Archibald, Renard, Gaëlle ou encore le chevalier. On se rend également très vite compte que malgré un début très jeunesse fantastique limite enchanteur, »La passe miroir » est plus sombre qu’il n’y paraît. L’imaginaire de Christelle Dabos semble sans limite.

Tandis que les deux premiers volets se déroulent principalement sur le Pôle, dans les deux derniers, l’action se déroule majoritairement sur Babel, une arche cosmopolite et très différente du Pôle. Beaucoup de fans ont été déçus de la tournure qu’a prise « La passe miroir », je l’ai trouvé au contraire très intéressante. Mais il est clair que pour du livre jeunesse, il est assez complexe. Je suis ravie de l’avoir lu à mon âge, je pense que si j’avais été trop jeune, je serais passée à côté de l’histoire. La grande force de cette lecture est une évolution incroyable des personnages qui prennent en maturité et gravité au fil des tomes. Dans ces derniers volumes, les questions trouvent leurs réponses, ce qui permet de mesurer l’ampleur des réflexions de l’auteure.

Alors oui, « La tempête des échos » nécessite une lecture attentive. Mais il faut se laisser guider et emporter par la plume de Christelle Dabos, lui faire confiance. Jusqu’au final parfait. Une fin à la hauteur de la saga. Certains la trouve ouverte, d’habitude je déteste ce genre de fin mais ici j’ai trouvé le dénouement parfait et pas si ouvert que cela. J’ai par ailleurs lu que certains lecteurs avaient été assez virulents concernant ce dernier tome mais pour ma part il ne pouvait pas se terminer autrement. Ce tome est bien plus qu’un roman jeunesse. Il y a une réflexion philosophique très intéressante, sur le fait de faire face à soi-même, sur le rejet des différences physiques. On le sait assez vite dans le premier volume, la quête principale de « La passe miroir » est de comprendre qui est ce Dieu responsable de la grande déchirure ? Quel est le lien entre ce dernier et Ophélie ? Et je dois dire que l’auteure a su y répondre malgré le fait que le cheminement pour y arriver était assez complexe. Le seul regret que j’ai concerne les personnage secondaires qui auraient mérités d’être plus présents. Pour certains, je m’attendais à un développement plus poussé et à plus d’explications.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré « La passe miroir », je dis un grand bravo à Christelle Dabos pour son imagination, je me réjouis de la découvrir dans un autre univers. J’ai refermé « La tempête des échos » avec beaucoup d’émotions. Une lecture incroyable, surtout lorsque l’on sait que « Les fiancés de l’hiver » était le premier livre de l’autrice.

Musique écoutée pendant ma lecture : Hayao Miyazaki piano soundtrack

Ma note : 10/10