Les heures souterraines, Delphine de Vigan

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Résumé :

Métro, boulot, dodo. Comme beaucoup de parisiens, Mathilde et Thibault sont pris dans la spirale infernale de la vie active. Ils ne se connaissent pas.

Anonymes parmi tant d’autres. Et pourtant, chacun à leur manière ils doivent affronter un quotidien de plus en plus compliqué. Mathilde avait une très bonne situation professionnelle. Mais suite à un différent avec son supérieur, elle se retrouve au fur et à mesure exclue, évincée de son poste. Quant à Thibault, il essaye tant bien que mal de faire face à un travail difficile : médecin urgentiste. Deux personnes perdues, égarées qui cherchent le chemin du bonheur.

Mon avis :

J’avais découvert la plume de Delphine de Vigan assez récemment avec « Les loyautés », un livre coup de poing, bouleversant, dont je vous avais parlé sur le blog. On m’a offert « Les heures souterraines » il y a peu de temps et j’ai profité de mon départ en vacances pour le glisser dans ma valise. Alors autant vous dire que je l’ai lu très rapidement. Et encore une fois, j’ai beaucoup aimé ma lecture. Cette auteure a le don de dresser des portraits de vie, de personnes brisées mais dont vous vous identifiez assez facilement. La plus grande prouesse de ce livre pour ma part est la façon dont est développée la descente aux enfers de Mathilde, le combat qu’elle mène pour ne pas perdre, ne pas abandonner. Cela ne se fait pas du jour au lendemain, tout est fait progressivement par son supérieur et nous vivons avec elle cette injustice, cet acharnement dont elle est victime. Et c’est ce que j’aime avec Delphine de Vigan, créer dès les premières pages un incroyable sentiment d’empathie envers les personnages. Le tout dans un rythme maîtrisé à la perfection, dans une lecture qui se fait quasiment en apnée. Le petit reproche que je pourrais faire serait le personnage de Thibault qui aurait pu être un peu plus travaillé, il y a en effet un déséquilibre entre les chapitres consacrés à ce dernier par rapport à ceux consacrés à Mathilde. La fin peut paraître un peu brutale mais avec le recul, cela correspond à cette parenthèse de vie de deux personnes qui ont encore du chemin à faire. Une très bonne lecture qui se lit d’une seule traite.

« Les gens gentils sont les plus dangereux. Ils menacent l’édifice, entament la forteresse, un mot de plus et Mathilde pourrait se mettre à pleurer. »

« Il est neuf heures et demie, les portes du ROVO se sont refermées sous son nez, elle devra attendre le prochain train, dans un quart d’heure. Au bout du quai, l’odeur d’urine domine, mais c’est le seul endroit où s’asseoir. Elle est fatiguée. Certains jours, tandis qu’elle guette le bruit du train, les fesses collées au plastique orange, elle se demande au fond s’il ne serait pas plus doux de rester là, toute la journée, dans les entrailles du monde, laisser couler les heures inutiles, vers midi remonter d’un niveau pour acheter un sandwich, redescendre, reprendre sa place. S’extraire du flot, du mouvement. Capituler. »

Musique écoutée pendant la lecture : Late night work, Chill mix

Ma note : 7/10

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