L’art du meurtre, Chrystel Duchamp

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Résumé :

Paris en pleine canicule, Audrey, lieutenant à la PJ a une vie plutôt chaotique et se fait dépasser par son métier qui la passionne. Quand elle est appelée pour enquêter sur le meurtre de Franck Tardy, avocat, elle se rend vite compte que cette affaire ne sera pas comme les autres. Le corps de la victime est mis en scène, mutilé, assis sur une chaise face à une table dressée pour une réception.

Face à lui, un crâne humain. Audrey est une ancienne étudiante en arts, elle remarque de suite la dimension artistique de la scène de crime. En rajoutant le fait que cet avocat était un grand collectionneur d’œuvres d’arts, les similitudes commencent à être nombreuses. Cette enquête ne sera pas de tout repos, d’autant plus qu’un deuxième meurtre a lieu rapidement dans des conditions similaires… L’heure tourne et il faut vite trouver ce meurtrier que rien ne semble arrêter.

Mon avis :

Enfin un roman policier qui sort de l’ordinaire. Dès sa sortie, j’ai été captivée par ce résumé. Une série de meurtres avec des corps mis en scène de façon artistique, cela a attiré mon attention. Et me voici plongée dans ce livre. Pas le temps de s’ennuyer, on entre directement dans le vif du sujet et cela me plaît. Dès les premières pages, je sens que je vais passer un bon moment de lecture (team psychopathe). Chrystel Duchamp nous plonge dans cet univers de l’art à sa manière. Les pages défilent, je suis incapable de lâcher ce livre que je lirais finalement sur une journée car le style de l’auteure est addictif, vif et concis. Sachant que c’est son premier roman, je dis bravo car c’est une belle entrée en matière. Tout y est, du suspens, des scènes de meurtres originales et surtout des retournements de situation jusque dans les dernières pages. Si je devais citer un seul point qui m’a gêné, c’est le personnage principal, Audrey, auquel il manquait un petit quelque chose. Je n’ai pas accroché à la construction de cette dernière pourtant centrale et à certaines décisions qu’elle a prise dans l’intrigue qui m’ont semblées incohérentes et un peu faciles. J’ai cependant appréciée que pour une fois, la femme flic puisse avoir des défauts, des vices et être borderline. Mais en dehors de cela, j’ai adoré ma lecture dans ce monde de l’art qui a su me réserver des surprises. Tout était incroyable, notamment l’imagination pour les scènes de crimes, l’ambiance qui en ressortait. Le dénouement de cette intrigue est tout bonnement incroyable, les dernières pages vous surprendront et vous laisseront sans voix. Je surveillerai avec attention les publications de Chrystel Duchamp car, j’en suis convaincue, elle nous réserve encore de belles pépites littéraires qui bousculent un peu le genre. Petit plus, le récit est ponctué d’anecdotes véridiques sur le monde de l’art dont je ne soupçonnais pas l’existence. Une très belle découverte qui frôle le coup de cœur.

« Ses paupières se soulèvent. Un effort considérable. Il tente de s’habituer à la pénombre. Petit à petit, il distingue enfin l’endroit où il se trouve. Chez lui. Dans cette salle à manger où tant de réceptions ont été données, tant d’amis sont venus boire du champagne, tant d’anniversaires ont été fêtés. Devant lui, deux trous noirs le fixent. Ce regard… Insistant. Terrifiant. C’est elle. Oui, c’est elle. La panique le submerge. Il essaie de se lever. Impossible. Il ne peut pas bouger. Ni la tête, ni les mains, ni les pieds. Il est paralysé. Il aimerait prendre une profonde inspiration mais il n’y parvient pas. Son organisme semble sur le point de s’arrêter. À bout de souffle, il laisse sa tête retomber sur son torse. C’est à cet instant qu’il découvre les blessures. Ses mains sont lacérées, ses bras griffés. Sur son ventre, de larges entailles laissent s’écouler des filets de sang. Dans son dos, la morsure d’une douleur insoutenable. Une brûlure qui flagelle ses omoplates. Son regard se plante sur le crâne qui lui fait face. Sa bouche s’entrouvre pour chercher l’oxygène. Une lueur d’espoir l’éblouit. Au bout : un tunnel. Incapable de lutter, il laisse la mort l’emporter. Alors il se souvient… Mais il est trop tard pour regretter. »

« Torturer sa victime pendant des heures, imaginer une telle mise en scène… Quel homme, quelle femme, quelle chose peut être assez dégénéré pour assassiner quelqu’un de la sorte ? J’envisage tous les mobiles possibles et imaginables pour essayer de répondre à la question: qui voulait la peau de Franck Tardy ? »

Musique écoutée pendant la lecture : Chopin, Nocturnes

Ma note : 9/10