Cadavre exquis, Agustina Bazterrica

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Résumé :

Nous sommes dans un futur qui pourrait être le nôtre. Un virus a éradiqué en grande partie les animaux, les rendant dangereux pour les humains. Ils doivent être éradiqués pour ne pas contaminer les populations.


Mais une question est vite sur toutes les lèvres : Quelle chaire les humains vont-ils pouvoir manger ? Les lobbies médicaux sont formels, une alimentation végétale n’est pas suffisante. Alors, une idée fait son chemin. Pourquoi ne pas faire des élevages d’humains ? La société se fait à l’idée et réinvente le monde autour de l’élevage d’humains : alimentation, chasse, cuir, expériences scientifiques, ect. Un homme haut placé dans un abattoirs d’humains se retrouve avec pour cadeau une femelle de « première génération », la plus haute qualité. D’abord perplexe, hésitant à la revendre, il finit par la considérer comme sa semblable. Sauf qu’une relation aussi proche avec un humain d’élevage est passible de la peine de mort…

Mon avis :

Je savais en commençant cette lecture que le sujet était fait pour moi, d’autant plus que je fête cette année ma cinquième année de végétarisme. Je me doutais aussi que cela serait assez perturbant. Et bien j’ai pris une sacrée claque. Tout d’abord, le style d’écriture. C’est vif. C’est net. C’est précis. Attention aux personnes sensibles, ce livre ne vous épargnera pas. Étant déjà très sensible à la cause animale, je n’ai pas été tellement surprise par l’attitude que la société a face à ces humains d’élevages. Mais « Cadavre exquis » est fait pour éveiller les consciences, pour choquer afin de réaliser que notre mode de vie ne tourne pas rond et que nous allons droit dans le mur. C’est un miroir de notre époque, nous rappelant de ne pas croire tout ce que les médias racontent, que les grosses entreprises et les gouvernements sont prêts à tout pour être acteurs de nos décisions. C’est surtout au travers des horreurs que subissent ces humains de consommation, un moyen de nous faire réfléchir sur ce que nous faisons actuellement subir aux animaux considérés comme de la marchandise. J’ai lu ce livre en moins de vingt-quatre heures, une boule à l’estomac jusqu’au final. Cette fin est à mes yeux incroyable, elle m’a laissée sans voix et fait que ce livre est un coup de cœur, le premier de l’année 2020. Encore une fois, certaines scènes sont très choquantes, mais si vous avez envie d’ouvrir les yeux, foncez, vous n’en ressortirez pas indemnes. Une lecture nécessaire dans cette période d’éveil des consciences concernant le bien-être animal.

« Demi-carcasse. Étourdisseur. Ligne d’abattage. Tunnel de désinfection. Ces mots surgissent et cognent dans sa tête. Le détruisent. Mais ce ne sont pas seulement des mots. C’est le sang, l’odeur tenace, l’automatisation, le fait de ne plus penser. Ils s’introduisent durant la nuit, quand il ne s’y attend pas. Il se réveille le corps couvert de sueur car il sait que demain encore il devra abattre des humains. »

« La femelle étourdie par Sergio se met à bouger. L’ouvrier ne l’a pas remarquée. La femelle remue, doucement d’abord, puis avec plus de force. Le mouvement est si violent que ses pieds glissent des courroies pas assez bien serrées. Elle tombe brutalement par terre. Elle tremble, sa peau blanche est maculée du sang de ceux qui furent égorgés avant elle. La femelle lève un bras. Elle essaie de se relever. L’ouvrier se retourne et la regarde avec indifférence. Il attrape un pistolet à cheville percutante et lui tire dans le front. Il la suspend de nouveau au treuil. »

Musique écoutée pendant la lecture : Beethoven, Moonlight sonata

Ma note : 10/10

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